Journal Anthropoexcentrique


featuring Grenotte and friends

Eloge de l'anti-humanisme

L'anthropoexcentrisme emprunte les voies périlleuses (périlleuses en ces temps où les mots ne font sens qu'en termes d'adhésion et de rejet) de l'anti-humanisme. L'anti-humanisme n'est pas anti-humain, l'anti-humanisme ne souhaite ni ne prophétise les calamités (bien au contraire). Il s’interroge simplement sur la place d'exception que nous nous sommes arrogée quand la figure de dieu a commencé à nous lasser. L'humanisme n'est qu'une autre chimère, une autre idolâtrie égoïste, égotiste, servant à justifier par la raison, la morale et la science notre tendance à l'hyper-prédation, à l'hyper-expension. Nous avons inventé le crime contre l'humanité, mais ne nous sommes toujours pas résolu à inventer le crime contre le vivant, qui est pourtant l'abus ultime, puisqu'il englobe tous les abus et nous conduit, chaudement vêtus de nos certitudes, vers notre perte, notre perte et celle de tant d'autres êtres précieux et magnifiques.

À lire  :
La Violence de l'humanisme de Patrick Rouget, aux éditions Calmann-Lévy.


roueauxcochons

L'humanisme en action à l'abattoir de Chicago.